Depuis 2008, avec le soutien d’une communauté de laïcs et pratiquants, le moine zen Taïun Meriadec fonde l'association. Il est ainsi le fondateur et l’actuel président de l’Association Bouddhiste Zen Mokudō 黙 道 (ABZMD), de la tradition zen sōtō. Cette Association est régie par les articles 21 à 79-III du Code Civil Local maintenus en vigueur dans les départements du Bas-Rhin, Haut-Rhin et Moselle. Elle est inscrite au Registre des Associations du tribunal de proximité de Thann.
L'association a pour objet la promotion de la vie spirituelle, sociale et culturelle bouddhique.
L'esprit de la communauté Mokudō : artisanat du geste et rigueur
Certaines rencontres déclenchent une prise de conscience et remettent en mouvement. C’est le sens de la démarche portée par l’association zen Mokudō et son fondateur, Taiun Meriadec et cela depuis plus de 15 années : faire vivre un Zen libéré du poids des institutions et des murs des temples.
Ancrée dans la filiation de Gudo Wafu Nishijima Roshi - disciple de Kodo Sawaki pendant plus de vingt ans et ordonné moine en décembre 1973 par Rempō Niwa Zenji (alors supérieur de l’école Sōtō et abbé d’Eihei-ji) qui lui a transmis le Dharma (shiho) en 1977 - , cette pratique repose sur une conviction forte : le Dharma ne s'enferme pas exclusivement dans des édifices religieux. Il s'incarne ici et maintenant, au cœur de la réalité, dans une relation vivante, directe et exigeante, au cœur même du quotidien. Pour autant, il ne s'agit en aucun cas de rejeter les lieux traditionnels puisque qu’il est possible que les moines - sur demande de leurs maîtres - peuvent se rendre en temple pour y pratiquer, étudier et rencontrer d'autres communautés. La communauté Mokudō ne se situe ni dans le conflit ni dans la dispersion, mais offre un cadre structuré et une alternative ouverte, fidèle à la vision vaste de Nishijima Roshi dans un vœu de rencontre possible intercommunautaire et interreligieuse.
Notre démarche place l'artisanat du geste et l'esprit des petites communautés du Zen ancien au cœur même de la Voie. La transmission s’incarne dans une relation étroite et vivante de maître à disciple : une rencontre de cœur à cœur qui s'affine dans le frottement quotidien, la simplicité et une réelle proximité humaine. Loin des grandes institutions, les amis de bien accompagnent les pratiquants au plus près pour transmettre un savoir-être et un savoir-faire direct, de main à main. Fidèles au vœu de Nishijima Roshi, les amis de bien travaillent par ailleurs dans le monde et n'assurent aucune rétribution financière pour leur enseignement : cette autonomie professionnelle garantit leur indépendance matérielle, mais aussi la liberté et la souveraineté de leurs sensibilités respectives.
Cette rigueur s'inscrit pleinement dans notre paysage culturel occidental grâce à un cadre d'étude exigeant, porté par des enseignements hebdomadaires et complété par le Diplôme Universitaire d'aumônerie bouddhiste à l'Université de Strasbourg. L’enseignement ne s'enferme pas dans les murs d'un temple : c'est au sein de la communauté, dans la précision du geste artisanal et l'ajustement du corps et de l'esprit (entre rigueur académique et pratique incarnée) que le Dharma prend toute sa vie.
Dans cet esprit, la communauté Mokudō privilégie au terme habituel de « dojo » celui d’An en japonais (庵), traduit par Hermitage. Le maintien du « H » initial est un hommage à ces espaces de solitude, de dépouillement et d'intériorité où le pratiquant se retrouve face à lui-même. Ces structures sont indépendantes matériellement et financièrement, et sous la responsabilité de moines et nonnes anciens.
Sortir du temple et renoncer au terme « dojo » ne signifie pas pour autant relâcher la forme. L'absence de structure rigide exige au contraire une discipline personnelle et le maintien rigoureux des rituels ancestraux :
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Zazen, l’assise silencieuse sans objet ni recherche de profit (shikantaza) : pour s’asseoir ou plus exactement se laisser asseoir, le corps-esprit est accueilli avec délicatesse. L'ajustement de la posture se réalise dans une approche profondément respectueuse qui s'adapte aux capacités de chacun, à l'écart de toute correction coercitive. Fidèles au souhait de Nishijima Roshi, nous avons ainsi écarté l'usage du kyōsaku ainsi que les kusen et la cérémonie du kitō.
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L’étude des textes, fondée sur l’approfondissement des écrits majeurs du Ch’an ancien chinois (comme par exemple le traité de Bodhidharma, le Mokushōmei (黙照銘), L'Inscription sur l'illumination silencieuse de maître Hongzhi Zhengjue, ...) et les œuvres fondamentales de Dōgen afin de nourrir une compréhension claire et directe de la réalité ;
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Le rituel des bols (ōryōki) et des repas, une pratique essentielle tenue pour tout aussi fondamentale que zazen. L'utilisation des bols (littéralement « ce qui contient juste la mesure nécessaire ») incarne la juste proportion, la sobriété et la gratitude. Chaque geste du rituel, du déploiement du tissu au nettoyage méticuleux des bols, transforme l'acte ordinaire de manger en une méditation en action. Éclairée par les enseignements du Tenzo kyōkun (Instructions au cuisinier Zen de Dōgen), cette pratique relie l'esprit à la matière et manifeste le respect profond envers ce qui nourrit la vie ;
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La couture du kesa, vêtement de la transmission et véritable « temple portatif » du pratiquant. Selon l'enseignement spécifique transmis par Zenki Sensei, coudre le kesa n'est ni un travail manuel ordinaire ni la fabrication d'un habit liturgique, mais un zazen en mouvement. Chaque point d'aiguille, répété dans le silence, exige une présence totale, une infinie patience et l'abandon du vouloir-faire. L'assemblage minutieux des pièces de tissu reflète le dépouillement, l'humilité et la couture dans « l’aiguille oublieuse du fil ».
En réunissant la rigueur de ces pratiques et l'esprit vivant d'un enseignement fondé sur l'Hermitage (An / 庵) et l'invitation, l'association zen Mokudō pose le voeu de pratiquer au coeur de l'authenticité de la rencontre à travers l'étude et l’expérience du quotidien au cœur même de Zazen.
Découvrez les deux amis de bien : le fondateur, le moine Taïun Meriadec et la nonne Zenki Weiss-Meriadec.

